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Châssis Couture

Automobile · 5 février 2026 · 2 min de lecture

À Molsheim, vingt paires de mains pour une Chiron

Dans l’Atelier ovale de Molsheim, vingt personnes assemblaient chaque Chiron à la main, à partir de plus de 1 800 pièces. Visite d’une usine sans robots.

Le bâtiment a la forme d’un ovale. Inauguré en 2005 à Molsheim, dessiné par l’architecte munichois Gunter Henn, l’Atelier reprend le contour du macaron Bugatti, et son sol est couvert d’une résine époxy d’un blanc brillant. On n’y trouve ni convoyeur ni robot. Pour la Chiron, Bugatti y alignait douze postes d’assemblage et une équipe d’une vingtaine de personnes, qui montaient à la main plus de 1 800 pièces par voiture.

Il fallait environ six mois entre le début de la fabrication et la livraison. La peinture seule prenait à peu près trois semaines, jusqu’à huit couches de vernis selon la finition. Puis chaque voiture partait pour 300 kilomètres d’essai dans les Vosges, jusqu’à la piste de l’aéroport de Colmar, avant une dernière boucle de contrôle de 50 kilomètres. Une voiture capable de dépasser les 400 km/h commence donc sa vie sur les routes des Vosges, avant d’avoir droit à une piste d’aéroport.

L’œuf de Carlo

Le détail le plus reconnaissable de la marque vient d’un atelier d’ébéniste. Carlo Bugatti, le père d’Ettore, était ébéniste et tenait l’ovale pour la forme parfaite. Son fils en a fait une calandre. Sur la Type 13, vers 1910, le client pouvait encore choisir entre une grille anguleuse et une grille ovale ; à partir de 1912, seul l’ovale reste. En 1924, pour la Type 35, Ettore aplatit le bas de la calandre, pour l’aérodynamique et pour mieux la placer sur l’essieu avant. L’œuf devient ce fer à cheval qu’on retrouve sur la Chiron, un siècle plus tard, redessiné à chaque modèle.

Ettore aimait répéter que rien n’était trop beau ni trop cher, rapporte le magazine The Rake. La formule a de quoi faire sourire un directeur financier. À Molsheim, elle a surtout justifié des choix de fabrication que n’importe quel consultant aurait supprimés : un sol qu’on garde immaculé, des postes où l’on prend son temps, des centaines de kilomètres d’essai avant chaque livraison.

La comparaison avec la couture revient souvent quand on parle de Bugatti, parfois à tort, tant le mot sert à tout. Ici, elle tient à un fait simple : chaque voiture est montée pour un client précis, par une équipe assez petite pour tenir dans une seule pièce. C’est la marque elle-même qui l’a formulé le plus nettement.

« C’est la haute couture de l’automobile. »

Christophe Piochon

Photo : © Bugatti Automobiles, Bugatti Newsroom

Sources (3)
  1. newsroom.bugatti.com
  2. newsroom.bugatti.com
  3. therake.com

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