Automobile · 4 avril 2026 · 2 min de lecture
712 points par losange
Dans l’habitacle d’une Bentley Continental GT, chaque losange du matelassage Diamond-in-Diamond compte 712 points, tous tournés vers son centre.

Sept cent douze. C’est le nombre de points de couture que compte un seul losange du matelassage Diamond-in-Diamond, celui qu’on trouve sur les sièges, les contre-portes et les panneaux arrière d’une Continental GT. Chaque point est orienté vers le centre du losange qu’il dessine. À l’échelle d’un habitacle complet de Continental GT Mulliner, on approche les 400 000.
Le motif est né pour la Mulliner Driving Specification de la Continental GT, puis a été repris sous une autre forme dans la Flying Spur. Fin 2019, la marque annonçait que les trois quarts des clients de la Continental GT et de la GTC le commandaient. Un détail de sellerie, donc, devenu la signature d’une gamme.
Une brodeuse sur mesure
Pour ce travail, personne ne pique à la main. Bentley a fait construire une brodeuse sur mesure, pilotée par un système numérique, capable de traiter d’un coup tous les panneaux matelassés d’une même voiture. La raison est moins romantique qu’on ne l’imagine : il fallait que la couleur du fil soit rigoureusement identique d’un panneau à l’autre. Sur un motif aussi dense, la moindre variation se verrait.
Darren Day, alors responsable du design intérieur, a raconté que le motif avait été mis au point à force d’essais et d’erreurs. Sa formule sur le but recherché est plus intéressante que tous les chiffres réunis, et elle figure en bas de cette page.
Crewe, l’usine des Merlin
Tout cela se fabrique à Crewe, dans une usine construite en 1938 pour produire les moteurs d’avion Merlin de Rolls-Royce. La première voiture sortie de ses chaînes, en 1946, était une Bentley Mark VI. Le carrossier Mulliner y a installé ses ateliers en 1959, quand il est entré dans le giron de Bentley. Ses racines remontent à une famille de selliers et de transporteurs établie en 1559, ce qui en fait, selon Bentley, le plus ancien carrossier du monde.
Ces dates se répondent. Des selliers qui cousaient des harnais au XVIe siècle, une usine qui usinait des moteurs d’avion à la tolérance près, une brodeuse numérique qui aligne 712 points sur quelques centimètres : quatre siècles et demi de la même obsession de la régularité. Le client, lui, ne compte rien. Il s’assoit, et c’est bien le but.
« Tout l’art consiste à faire en sorte qu’on ne remarque pas les choses au premier regard. »
Darren Day
Photo : © Bentley Motors, Bentley Newsroom


