Collaborations · 8 juin 2026 · 2 min de lecture
Seville Gucci : la Cadillac qui arrivait après les autres
Avant la Cadillac Seville Gucci de 1978, AMC et Lincoln avaient déjà signé avec la mode. Aldo Gucci, lui, a poussé l’idée jusqu’aux valises assorties.
On lit souvent que la Cadillac Seville Gucci a fait entrer la mode dans l’automobile. C’est faux, et l’erreur a son charme, car la vraie première est bien moins glamour. En 1972, American Motors habille déjà un break familial, la Hornet Sportabout, aux couleurs de Gucci : sièges en vinyle vert et ivoire rayés de vert et de rouge, pavillon imprimé du double G, le tout pour un supplément de 141,75 dollars. AMC en vend 4 835 en deux millésimes. En 1976, Lincoln enchaîne avec sa Designer Series sur la Continental Mark IV, confiée à Bill Blass, Emilio Pucci, Hubert de Givenchy et au joaillier Cartier.
Quand la Seville Gucci arrive, en 1978, le principe est donc rodé. Ce qui change, c’est l’ambition.
Un carrossier à Miami
L’initiative vient d’Aldo Gucci, fils aîné du fondateur, qui signe lui-même le dessin de cette édition. Cadillac ne la produit pas elle-même. Les voitures sont transformées à Miami par International Automotive Design, et un seul concessionnaire les vend, Braman Cadillac. La présentation a lieu à l’hôtel Fontainebleau, à Miami Beach, décor idéal pour une berline qui ne fait rien à moitié.
Le résultat se lit de loin. Sur le capot, la mascotte Cadillac cède la place aux deux G entrelacés. Le toit arrière, façon capote de calèche, est tendu de toile monogrammée frappée d’écussons dorés. Le liseré vert et rouge court en bas de la malle, souligné du nom GUCCI en capitales dorées. Trois teintes seulement : noir, blanc ou brun métallisé. À l’intérieur, la toile monogrammée recouvre sièges, appuie-têtes, accoudoirs, montants et pavillon, et les tapis portent la bande brodée.
Cinq valises dans le coffre
Le détail le plus Gucci reste hors de l’habitacle : chaque voiture est livrée avec un ensemble de cinq bagages assortis. Sous le capot, rien d’exotique, un V8 Oldsmobile de 5,7 litres, proposé en essence ou en diesel. Le prix grimpe à 19 900 dollars, environ 7 000 de plus qu’une Seville ordinaire. La série s’arrête avec le millésime 1979.
Combien en a-t-on fabriqué ? Personne ne le sait vraiment. Les estimations oscillent entre 200 et 300 exemplaires. Arrivée troisième, elle reste la voiture de créateur la plus aboutie de son temps : une carrosserie, un intérieur, une malle et un vestiaire de voyage signés du même nom.
« Arriver troisième n’empêche pas de faire le plus beau tour d’honneur. »
Iliess El Azouzi


