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Design · 4 septembre 2026 · 2 min de lecture

Ce que Dieter Rams a retiré

Un couvercle en plexiglas en 1956, dix principes à la fin des années 1970 : chez Braun, Dieter Rams a fait du retrait une méthode, que Jony Ive a saluée.

En 1956, Braun met en vente un appareil qui réunit une radio et un tourne-disque dans un boîtier de métal blanc. Le SK 4 porte les signatures de Hans Gugelot et d’un jeune designer entré dans la maison l’année précédente, Dieter Rams. C’est Rams qui ajoute le détail qui fera sa célébrité : un couvercle transparent en plexiglas, dans lequel Gugelot voit un cercueil de conte de fées. Le surnom est resté, Schneewittchensarg, le cercueil de Blanche-Neige, et l’appareil est entré dans les collections du MoMA.

Le couvercle transparent n’ajoute rien. Il montre le plateau, le bras, les boutons, et laisse l’objet dire lui-même à quoi il sert. Toute la suite est déjà là.

Dix principes, une inquiétude

Rams restera quarante ans chez Braun et en dirigera le design. À la fin des années 1970, il s’inquiète de ce qu’il voit autour de lui, qu’il décrit comme « une confusion impénétrable de formes, de couleurs et de bruits ». Il se pose alors une question simple et dangereuse pour un designer : mon travail est-il du bon design ? Sa réponse prend la forme de dix principes. Le bon design est innovant, utile, esthétique, compréhensible, discret, honnête, durable, minutieux jusque dans le dernier détail, respectueux de l’environnement. Et le dixième, qui contient les neuf autres : le bon design est aussi peu de design que possible.

Rams le condense en trois mots allemands, Weniger, aber besser. Moins, mais mieux, parce que l’essentiel ressort quand rien d’accessoire n’encombre l’objet.

De Braun à Apple

On a beaucoup comparé, et parfois de façon paresseuse, les produits Apple des années 2000 aux appareils Braun des années 1960. La filiation est pourtant revendiquée des deux côtés. En 2011, Jony Ive, alors patron du design d’Apple, signe la préface de la monographie que Phaidon consacre à Rams, Dieter Rams: As Little Design as Possible, et y raconte l’influence de l’Allemand sur son propre travail. Rams, de son côté, a dit voir dans la démarche d’Apple un compliment adressé à sa manière de penser le design.

Reste ce que le culte du designer fait souvent oublier : chez Rams, la sobriété relève de la politesse, envers celui qui se sert de l’objet et envers la planète qui devra un jour le digérer. Un transistor, un rasoir, une étagère : chaque fois la même opération, retirer jusqu’à ce qu’il ne reste que ce qui travaille.

« Moins, mais mieux. »

Dieter Rams

Photo : With Associates / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Sources (4)
  1. vitsoe.com
  2. braunaudio.de
  3. designmuseum.org
  4. 9to5mac.com

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